Marou, un chocolat "surprenant": rencontre avec Klervi Mandon

Klervie Mandon

INTERVIEW - Le Salon du Chocolat a pris place à la Porte de Versailles à Paris (jusqu’au 2 novembre) et fête cette année ses 20 ans. L’occasion pour les gourmands, les connaisseurs, mais aussi les simples curieux de venir découvrir toutes les nouveautés du chocolat et du cacao. C’est aussi le lieu où les professionnels du monde entier se rencontrent, à la recherche de nouvelles sensations. Fréquence ESJ est allé à la rencontre de Klervi Mandon, importatrice du chocolat vietnamien Marou Faiseurs de Chocolat.

Fréquence ESJ : Qu’est-ce qui vous a amené à travailler à travailler dans le chocolat ?

Klervi Mandon : J’ai toujours été passionnée par le chocolat, je voulais vraiment travailler dans ce milieu. Au début, je voulais être chocolatière. Mais la chocolaterie est un monde assez cruel pour les toutes jeunes filles, donc ça ne s’est pas fait. Et finalement, j’ai fait les bonnes rencontres et je suis revenue dans le monde du chocolat.

Pourquoi avoir voulu travailler avec Marou ?

Un peu par hasard ! Je voulais travailler dans l’importation, et j’ai lu un article sur Marou dans le journal Ouest-France (Klervi Mandon vit à Quimper, NDLR). Je les ai contactés en leur envoyant l’article, et ils m’ont remerciée en m’envoyant deux tablettes de leur chocolat. Je n’avais jamais goûté un tel chocolat ! J’ai donc ensuite rencontré en 2012 Samuel et Vincent, deux chocolatiers français basés au Vietnam qui ont créé Marou. Nous nous sommes bien entendus, et j’ai été leur vendeuse au Salon du Chocolat de Paris quelques jours plus tard. Puis ils m’ont proposé de distribuer leur chocolat en France. J’aime leur dimension pédagogique: ils essaient d’enseigner l'origine du chocolat la façont dont il est fabriqué. Aujourd’hui, c'est une fierté de pouvoir représenter Marou en France.

Peut-on parler d’une démarche éthique dans la fabrication des chocolats Marou ?

Parfaitement. Marou pratique le commerce direct. Le cacao est directement acheté aux producteurs dans les plantations, et à un prix 40% supérieur à ceux du marché (calculé sur les besoins des producteurs de cacao). Les producteurs privilégient donc la qualité de leur production pour Marou, motivés par cette démarche équitable.

Quelles sont les caractéristiques du chocolat Marou ?

Il est avant tout plein d’arômes. Au Vietnam, il existe des terroirs différents dans le sud du pays, mais c’est le même type de fève de cacao et c’est le même processus de fabrication pour tous les chocolats Marou. C’est le terroir qui va faire la différence. Il s'agit en fait de la même logique que celle du vin, avec la différence entre les châteaux à partir des mêmes cépages. C'est selon les lieux que l'on a de grandes différences de goûts, que l'on peut avoir des chocolats plus fruités, épicés, plus doux, ou aux notes de noix de coco. Et les packagings sont extraordinaires. Ils ont été créés par une agence de design vietnamienne, Rice-Creative.

Quel est votre chocolat Marou préféré ?

Je n’en ai pas (rires) ! Les chocolats Marou ont tous des arômes très différents et du coup tout dépend du moment de la journée auquel on les déguste. Pour le matin je les préfère doux, parce que les papilles ne sont pas encore très sollicitées. Après le déjeuner je vais plutôt en préférer un qui va bien se marier avec le café.

En quoi est-ce important pour vous d’être présente sur le salon ?

Cela permet d’avoir un contact direct avec les clients, de pouvoir faire goûter les chocolats, et voir les réactions. Nous présentons de nouveaux produits, comme la tablette avec praliné aux noix de cajou que nous présentons en exclusivité aujourd'hui. Le Salon du Chocolat est aussi intéressant pour trouver de nouveaux clients et de nouveaux fournisseurs. Il a ce pouvoir attractif de réunir des personnes et producteurs du monde entier, dont certains ne sont présents en France que le temps du Salon du Chocolat. C’est donc l’occasion pour moi de goûter, de faire de nouvelles découvertes, et pourquoi pas déboucher sur de nouvelles importations.

Quelles sont vos ambitions pour le chocolat Marou ?

Le développer en France, mais on veut être présent dans les meilleurs points de vente, ceux qui proposent des produits de qualités, avec des personnes qui vont prendre le temps de parler du chocolat Marou, d’expliquer aux clients d’où il vient et comment il est fabriqué.

Est-ce que vous avez d’autres projets d’importations ?

Avec ma société Delikats, mon objectif est de développer les meilleurs chocolats du monde. J’ai le projet de développer deux nouvelles marques (aussi présentes sur le Salon du chocolat). Il y a le chocolat lituanien Naïve, fabriqué en Lituanie par des personnes qui ont décidé de s’orienter vers la chocolaterie pour faire un retour au goût, à l’essentiel, aux produits locaux. Sauf pour le cacao, qu’ils importent directement. Je vais aussi travailler avec un chocolat péruvien, Cacaosuyo, ils ont pour objectif de remotiver la production de fèves de cacao qui ne sont plus du tout produites au Pérou.

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