Exposition « De l’amour » : l’exploration d'un sentiment mystérieux à Paris

(Reading time: 2 - 4 minutes)
Exposition_De_lAmour_-_Mathilde_Couvillers-Flornoy.jpg

REPORTAGE - L’amour occupe les esprits depuis des millénaires tant il reste un sentiment énigmatique. L’exposition « De l’amour », au Palais de la Découverte, tente de l’explorer en s’appuyant sur des travaux scientifiques et culturels.

 

Quoi de plus intéressant que de parler d’amour ? Ce sentiment universel fait l’objet de l’exposition éponyme « De l’amour » à Paris jusqu’au 30 août 2020. A la fois commun et inexploré, il reste un objet de curiosité pour tous les grands scientifiques qui tentent de l’expliquer. « C’est quoi l’amour ? », « C’est quoi l’attachement ? », « Comment se fabrique la sexualité ? » ou encore « Comment le corps se manifeste ? » : autant de questions posées par l’exposition.

La commissaire de l’exposition, Maud Gouy, a décidé de segmenter le sentiment en quatre mots grecs : l’éros évoquant le désir et la passion charnelle, la philia signifiant l’amitié et le lien social, l’agapè pour l’amour désintéressé et enfin storgê, faisant référence à l’amour familial. L’amour est interrogé sous ces quatre formes. Deux grandes parties divisent également l’exposition. La « Galerie des Attachements » reprend toutes les références à l’amour dans la culture littéraire, musicale et cinématographique. La « Galerie des Sciences » rend hommage au Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes et s’attache à expliquer certaines émotions liées à l’amour telles que l’empathie et la sexualité.

L’intérêt de l’exposition, Maud Gouy l’explique : « l’objectif est de présenter l’état des sciences qui s’interrogent sur les émotions et l’amour. On a donc présenté des travaux en neuro-science, en psychologie et en sciences humaines. Mais pas que : l’amour a toujours été interrogé par les écrivains, les philosophes, les poètes et les chanteurs. C’est pourquoi l’exposition est aussi variée ». Pour lier les deux galeries entre elles, Maud Gouy a eu l’idée avec son scénographe Raphaël Lerays, sa vidéaste Camille Lebrice et son graphiste Antoine Groborne, d’incorporer le cinéma comme fil conducteur de l’exposition. Des vidéos artistiques et explicatives ponctuent la visite. Le cerveau est par exemple étudié sur toute une chronologie allant de la rencontre amoureuse à la rupture.

Une exposition ludique

Les visiteurs peuvent découvrir l’exposition en déambulant dans des galeries construites pour être ludique. Il est possible de lire des romans d’amour tel que Le nom de la rose d’Umberto Eco ou encore Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos dans la « bibliolovethèque ». Ecouter de la musique, écouter des enfants discuter du sentiment amoureux à travers des enregistrements, tester son niveau d’empathie grâce à un test, ajouter des hormones à un cerveau fictif pour en voir les effets…Les activités sont nombreuses.

L’exposition est aussi variée quant à sa disposition. On retrouve par exemple un hommage au Moi dans une galerie des glaces. Selon Maud Gouy, « pour aimer les autres, il faut s’aimer soi-même ». Pour l’occasion, un court-métrage a même été réalisé. Intitulé Eros, il mime l’acte sexuel à travers une chorégraphie spécifique. La commissaire de l’exposition est revenue sur cette difficulté : « On s’est demandé comment on allait parler de sexualité dans un musée de sciences et on a eu l’idée du film ».  

Une organisation qui a su plaire aux visiteurs : « C’est intéressant le fait que ce soit scindé en deux parties. Qu’il y ait un coté plus scientifique et un coté plus littéraire. J’ai bien aimé le passage sur l’attachement de l’enfant aux parents et la manière dont s’est expliqué ». Maud Gouy espère réaliser 300 000 entrées avec l’exposition « De l’amour » visible jusqu’au 30 août 2020 au Palais de la Découverte à Paris.

Photo : Mathilde Couvillers-Flornoy / Fréquence ESJ

 

 

Derniers articles