L'Institut du monde arabe présente : Le corps découvert

Écrit par Charlotte LESPRIT.


Huguette Caland

Depuis le 27 mars et jusqu'au 15 juillet prochain, le thème est à la représentation du corps et du nu dans les arts visuels arabes. Le sujet est sensible, car loin des stéréotypes, mais c'est sans prohibition que l'Institut dévoile des artistes talentueux.  

L'exposition bouscule certains clichés. Le nu traverse l'art moderne et contemporain arabe sans se heurter : ni à la religion,  ni à la culture. " Le corps découvert " met un terme au soi-disant interdit de la Figure dans l'art des civilisations orientales. La sensualité n'est pas un tabou dans cette exposition, la femme encore moins. On pourrait la qualifier d'audacieuse, mais cela serait approuver le vent de conservatisme ambiant.

Le corps reste charnel, beau mais aussi alanguis et exploité. 

L'exposition offre des peintures, sculptures, photographies et vidéos. Un art éclectique, développé sur deux niveaux et un peu plus de 1000 mètres carrés. Les repères sont chronologiques au premier niveau. Il est constitué  de deux salles consacrées à la génération de peintres libanais, syriens, égyptiens... qui ont  aussi bien poursuivi leur formation en France, qu'en Italie, Angleterre ou Espagne à la toute fin du XIXe siècle. Loin de l'académisme du début, la suite de l'exposition montre des photographies argentiques de Van Léo ou bien Angelo et Armand. Elles datent des années 50 mais d'autres, plus loin, ont été prises par George Awde entre 2007 et 2012, à Beyrouth. La série s'appelleLe corps découvert " Quiet Crossings ", son tirage est numérique.  

Dans les clichés et peintures, la femme orientale s'exprime librement. Les artistes, telle que Zoulikha Bouabdellah avec sa vidéo " Dansons", affichent leurs corps par revendication. Le charnel et la sensualité nécessitent un dépassement, la femme s'affiche au même titre que l'homme. 

vidéo de Abdel Abidin

Une vidéo attire l'oeil : une femme nue, servant de " filet "  à deux joueurs de ping-pong. Cela n'aurait rien d'exceptionnel dans une exposition contemporaine d'artistes occidentaux. L'initiative n'est donc pas inédite : nous sommes dans la partie la plus contemporaine du voyage. 

 Artiste: Adel Abidin 

Le corps découvert "  étonne mais il n'aurait pas l'audace qu'on lui attribue si l'Orient n'était pas, en grande majorité, associé au conservatisme religieux et culturel. 

Charlotte LESPRITJournaliste - Culture
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