Les Adoptés : une première réussie

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Première réalisation de Mélanie Laurent qui confirme sa protéiformité. Un film lumineux sur le manque affectif et l'éveil artistique.

Un jour de pluie. Marine. Adoptée, cela fait 20 ans qu'elle vit en compagnie de sa mère d'adoption et de sa sœur, mère d’un petit Léo. Complices, les deux sœurs ont chacune leur sensibilité artistique. Lisa joue de la guitare dans des bars miteux, quand elle ne réaccorde pas les violons, et Marine est libraire. Cet éveil artistique, que les deux jeunes femmes transmettent au petit Léo (qui écoute du Mozart et va au musée tous les mercredis) est adaptée de l'enfance de la réalisatrice qui confie avoir toujours été familière avec les disciplines artistiques (Léo s'essaye à la danse, au judo, à la GRS...).

Un jour de pluie, Alex, un critique gastronomique mal rasé, vient s'abriter au beau milieu des livres. Egaré et trempé, il ne dévore pas les livres mais bel et bien Marine. Passionnée et fusionnelle, ils entament une relation charnelle et enivrante. 

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Manque fictif. Jalouse d'Alex, Lisa se sent délaissée par sa sœur d'adoption qui découche et ne se confie plus à elle. Difficile également pour Marine de vivre avec un homme après tout ce temps vécu dans un univers de  femmes. Abandon, culpabilité, Marine renonce à sa relation avec Alex. Puis l'attraction des deux amants est trop forte et c'est la réconciliation, jusqu’à l’accident de voiture et le coma avancé. Pilier de la famille, c'est tout l'entourage qui s'écroule. On retrouve la justesse et la sensibilité de Mélanie Laurent qui transperce de luminosité aussi bien devant que derrière la caméra. Une lumière solaire intimiste et des plans ralentis (notamment 


Après Maiwenn, Julie Delpy, Marjane Satrapi… les femmes réalisatrices prennent leur envol.dans les couloirs de l'hôpital) qui prouvent la technicité de la réalisatrice. Un coma qui se traduit techniquement par des ralentis mais également par un procédé d'images flou avec des premiers plan perceptibles quand l'arrière-plan est peu identifiable.

Un drame familial à mi-chemin entre l’incisif Parle avec elle de Pedro Almodovar et le clip «  En t’attendant » de la chanteuse. Une belle surprise avec la révélation des comédiens Denis Ménochet et Marie Denarnaud mais une recherche parfois trop insistante sur la technique cinématographique et l’envie de bien faire. Mélanie Laurent cherche sa patte cinématographique mais se défend très bien dans cette première réalisation, qui fera changer d’avis plus d’un jaloux, après les polémiques à son sujet. Une femme qui joue sur tous les tableaux et que le cinéma a désormais adopté.

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