Cette semaine au cinéma : Terminator Genisys

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CRITIQUE - Chaque vendredi, Valentin Pimare décrypte pour Fréquence ESJ l'une des sorties de la semaine. Aujourd'hui, il attribue la note de 1 sur 5 à Terminator : Genisys d'Alan Taylor, en salle depuis le 1er juillet. Un reboot de la célèbre franchise initiée par James Cameron qui tente de jouer avec sa propre mythologie pour se renouveler en vain.

 

En 1984, James Cameron débarque de nulle part ou presque et impose Terminator comme une référence incontournable du cinéma de science-fiction. Un exploit qu'il décuplera en 1991 avec Terminator 2 : Le jugement dernier. Premier blockbuster à franchir la barre symbolique des 100 millions de dollars de budget pour offrir un spectacle qui n'a pas pris une ride. Hollywood aimant étirer ses franchises jusqu'à l'usure, des suites plus discutables suivront. Le 4e opus, Terminator Renaissance, qui a eu la bonne idée de faire un bond dans le temps n'a pas convaincu. Pour la première fois, l'iconique T-800 campé par Arnold Schwarzenegger n'est pas au cœur de l'intrigue. Qu'à cela ne tienne, à 67 ans, « Gouvernator » signe son retour pour le meilleur d'après lui. Oui, surtout d'après lui.

L'histoire, tout le monde la connaît. En 2029, ce qui reste de l'humanité est en guerre contre les machines de Skynet. John Connor, chef de la résistance envoie Kyle Reese dans le passé pour empêcher sa mère de se faire tuer par un Terminator avant que cette dernière ne donne descendance. Seulement, une fois en 1984, les choses se sont passablement compliquées.

Ce Terminator : Genisys se veut comme un hommage aux deux premiers films de Cameron. Une volonté tellement appuyée que lors de sa première demi-heure (la plus réussie du film), Alan Taylor reprend le fil de Terminator premier du nom pour mieux le déconstruire. Y compris en récupérant des idées laissées de côté par James Cameron à l'époque. Pour les fans, si découvrir enfin la fameuse machine à remonter le temps peut faire sourire, la suite tourne vite à la soupe à la grimace.

Après un triste Thor, le monde des ténèbres, à nouveau, Alan Taylor ne brille pas par sa mise en scène lambda et sa direction d'acteurs. Le scénario tourne à vide une fois les personnages propulsés en 2017. Des idées qui se veulent bonnes pour relancer la franchise et proposer quelque chose d'inédit. Mais hélas la sauce ne prend jamais véritablement. Le n'importe quoi temporel atteint des sommets. Le spectateur assiste à un enchaînement de scènes d'action suintant le numérique et sans grand impact émotionnel ou visuel avant un final qui laisse pantois, tant il s'éloigne de l'esprit voulu par la saga. Et pour le grand retour de Schwarzy, même si le film se joue de son âge avancé, dur de l'imaginer aussi convainquant qu'à la belle époque. En voulant humaniser son robot de la bouche d'une Sarah Connor qui l'appelle « Papy » (sans commentaire), le mythique T-800 y perd toute sa superbe. Surtout lorsqu'il sourit. Le spectateur, aussi perdu que Kyle Reese, suivra comme il le peut cette aventure qui se veut comme le point de départ d'une nouvelle trilogie pas vraiment nécessaire. 

Découvrez ici la bande-annonce du film

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