Nostalgique Moonrise Kingdom

Écrit par Charlotte LESPRIT.


Moonrise Kingdom

Septembre 1965, sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre arrive " le temps de l’amour, le temps des copains et de l’aventure " tel que le chante Françoise Hardy. Wes Anderson défie de nouveau la réalité à travers un chef-d’oeuvre d’esthétisme : Moonrise Kingdom, son dernier film.

Un casting de choix et un cadre unique. Bruce Willis en policier dépité, Edward Norton en chef scout rongé par la culpabilité, Bill Murray en avocat dépressif et Frances McDormand sa femme névrosée. Le réalisateur américain remonte dans le temps, un retour aux sixties avec une panoplie d'objets vintages et une musique brillamment choisie. Une végétation verdoyante, un paysage boisé et un temps très orageux. Wes Anderson, après Fantastic Mister Fox, partage son univers du conte. Les cabanes en bois se trouvent en haut de très grands arbres, les maisons sont dignes de celles des poupées et chaque scène devient l’apogée d’une minutieuse accessoirisation.

 

Entre réalité et fiction, l’histoire sentimentale de Sam Shakusky (Jared Gilman) et Suzy Bishop (Kara Hayward), âgés de 12 ans,  fascine et émoie. Les deux amoureux se rencontrent un an auparavant et suite à leurs échanges épistolaires planifient une escapade. Lui, un orphelin mal aimé, jugé " instable " et elle, la fille d’avocats bourgeois lassés de leur vie familiale, vivent l’insouciance de la jeunesse. Moonrise Kingdom est avant tout une jolie histoire d’amour aussi effrénée que le temps. Le déluge météorologique approche, les esprits s'électrisent et la romance prend des tournures digne de Roméo & Juliette.  Mais Wes Anderson garde son esprit innocent pour montrer la pureté d’un premier amour : un souvenir éternel, prompt à la nostalgie.  

Moonrise Kingdom a été présenté en ouverture du Festival de Cannes, actuellement dans les salles. 

Charlotte LESPRITJournaliste - Culture

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