À Lille, Jean-Luc Mélenchon contre-attaque

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PRESIDENTIELLE/MEETING - 25 000 Insoumis sont venus écouter leur orateur: Jean-Luc Mélenchon. Les partisans du candidat espèrent une remontada de dernière minute afin de le hisser au second tour du scrutin.

Depuis sa percée dans les sondages, le candidat de la France Insoumise accumule les agressions de la part de ses adversaires. D’entrée de jeu, Jean Luc Mélenchon attaque le Figaro, qui a titré ce matin: « Mélenchon : le délirant projet du Chavez français » Le leader de la France insoumise ironise et se joue de l’indépendance du journal de Serge Dassault: «Je veux remercier les hackers du Gorafi qui ont réussi à s'emparer de la une du Figaro» Il pousse son public à en rire, plutôt que de siffler.

A Lille Grand Palais, la scène s’apparente à un ring de boxe. L’ordre du jour : rendre les coups à ces détracteurs. Dans son viseur Marine Le Pen, Emmanuel Macron qui le peignent tel un «révolutionnaire communiste» ou encore François Fillon qui se moque de ses dépenses publiques: «Si vous élisez un de ces 3 là, vous allez cracher du sang !» prévient t-il. Jouissant d’une bonne dynamique dans les intentions de vote, le candidat essuie les coups et riposte. Il pilonne et ébranle ces opposants: «Macron dit que quand il était au collège, j'étais sénateur socialiste. Mais quand je quittais le PS, il entrait chez Rothschild !» A 10 jours du premier tour des élections, Jean Luc Mélenchon attire l’attention autant qu’il dérange. Le candidat sème le trouble jusqu’au plus haut sommet de l’Etat où François Hollande est sorti de sa réserve dans un entretien accordé au Point. La campagne de Jean-Luc Mélenchon: «un spectacle» pour le président sortant.

Confiant, Jean Luc Mélenchon tape plus fort et se confronte au patronat et aux nouvelles formes de travail: «Ils appellent ça la modernité ! Mais quelle modernité ? Leur modèle, c'est le Moyen-Âge, le travail à la tâche» Il cible Uber et l’exploitation de ses chauffeurs: «ils appellent ça auto-entrepreneur pour ne pas dire auto-esclave» Tonnerre d’applaudissement dans la salle à l’évocation de l’abrogation de la loi El Khomri. Si Jean-Luc Mélenchon a sorti les gants de boxe, il sait qu’il ne doit pas se reposer sur sa lancée et veut rassembler davantage. Dans son camp, on va plus loin en demandant à ce que «Benoît Hamon, ne soit pas un obstacle à la volonté populaire qui monte» En 2012, Jean-Luc Mélenchon avait essuyé une bonne progression mais avait finalement atterri à 11%.

Photo : Christophe Lefebvre