Au Cirque d’Hiver, François Fillon fait salle comble mais peine à convaincre

Francois_Fillon_cirque_dhiver.jpg

PRIMAIRE - François Fillon a tenu son premier meeting officiel pour les primaires de la droite et du centre hier soir, au Cirque d’Hiver à Paris. Si de nouveaux sympathisants ont gonflé ses troupes, son discours lui, n’a rien de neuf. 

Ils étaient environ 1600 sympathisants hier soir au Cirque d’Hiver, pour le premier meeting de François Fillon. De quoi contredire les « oiseaux de mauvais augure » qui ne prédisaient pas salle comble comme l’ancien Premier ministre aime à le rappeler. Une drôle de scène qu’un cirque pour un meeting, le candidat entre en piste, très proche des journalistes et de ses sympathisants. Mais voilà, l’ambiance n’y est pas. Une trentaine de « jeunes avec Fillon » sont là, s’égosillant tant bien que mal à coup de « Fillon président ! » pour donner un peu de folie, pendant que les intervenants se succèdent avant leur candidat. Le temps passe, le public se lasse et comme le dit si bien Madeleine de Jessey, porte-parole du mouvement Sens Commun, dérivé de la Manif pour Tous : « Vous n’attendez qu’une chose c’est que François parle, je vais être courte ». Effet garanti, la salle dont la patience est usée depuis 2h se réchauffe, aidée par les nombreux sympathisants de Sens Commun présents. La jeune femme (24 ans) réitère son soutien à François Fillon mais rappelle, à demi-mot, que si elle l’a rejoint, ce n’est que par défaut. Elle était bien plus proche des valeurs de Jean-Frédéric Poisson où Hervé Mariton, mais aucun de ces candidats ne s’est qualifié pour les primaires. La représentante du mouvement ne s’arrête pas là, et en profite pour réaffirmer son désaccord avec Fillon sur le mariage pour tous. Pendant ce temps l’équipe du candidat essaie de motiver le cirque et distribue des drapeaux Français aux premiers rangs du public.

François Fillon prend enfin la parole pour prononcer un discours aussi long que connu. Suppression des 35h et de l’impôt sur la fortune, baisse des charges pour les entreprises, bref, une libéralisation de l’économie qu’il avait déjà annoncée il y a tout juste un an dans son « Manifeste pour la France ». Les consignes de la primaire de la droite et du centre ont été appliquées semble-t-il. L’ancien Premier ministre en profite pour égratigner Emmanuel Macron et sa « drauche », s’agace aussi des journalistes et des sondages qui l’annoncent battu (4e derrière Bruno le Maire). Mais ses grandes tirades, il les garde pour la gauche. En particulier pour François Hollande qui manigancerait une finale contre Nicolas Sarkozy : « C'est ça l'alternative ? C'est ça l'avenir ? Pendant qu'on y est, François Hollande n'a qu'à venir incognito, en scooter, voter à la primaire de la droite et du centre pour choisir son rival » ironise-t-il. Les huées repartent de plus belle quand François Fillon attaque la « politique bobo » d’Anne Hidalgo qui a fermé les voies sur berges de la rive droite pour lutter contre la pollution.

Monsieur Vincent, ancien jardinier à la Mairie de Paris apprécie particulièrement, lui qui ne porte pas la maire socialiste dans son cœur. Celui qui vote à droite depuis 40 ans, a toujours soutenu Nicolas Sarkozy mais « la pilule ne passe plus avec lui ». Sa remise en cause du rôle de l’Homme dans le réchauffement climatique l’a fait se tourner vers François Fillon. A défaut d’enflammer les salles, la stratégie de François Fillon semble claire : éviter les débordements et les dérapages même contrôlés. Il veut fait de la politique propre, transparente, et capitaliser dessus. De quoi suffire pour oublier ses cinq ans de mandat de Premier ministre sous Nicolas Sarkozy ? Rien n’est moins sûr. Pour le moment, il est loin du duo de tête Juppé-Sarkozy…

Photo : AFP/Christophe Archambault